Dimanche 11 septembre 2005
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Roland n'était pas le fils d'un maroquinier polonais immigré en France. Il était le fils d'un artiste sculpteur, venu en France en 1930 à la faveur d'une bourse obtenue après avoir décroché un deuxième prix à l'Ecole des Beaux Arts de Varsovie. Abram, c'était son nom, est devenu maroquinier pour nourrir sa famille.
En 1968, Roland n'était pas sur les barricades mais chez lui, l'oreille rivée à son transistor : "
Des gens viennent me dire : c’était bon de vous avoir avec nous en mai 68. Mais en fait, je ne tenais pas à me faire réduire le visage en bouillie. Alors je ne me suis joint à aucune manifestation, je suis resté chez moi à écouter comment les autres se faisaient tabasser et j’ai fait quelques dessins. Je ne risquais pas grand chose pour ces dessins, je savais que je m’abriterais derrière mon éditeur »
Il n'était pas scatophage et ne revendiquait aucune attirance particulière pour la merde : « Je n’ai pas un goût particulier pour la merde. Mais ça m’énerve qu’on n’arrive pas à sublimer ça. L’amour a sublimé la copulation. Quant au vêtir et au manger, ils ont la mode et la gastronomie pour les glorifier. Mais il n’y a guère que la lecture aux chiottes qui soit parvenue à sublimer l’action de déféquer."
Par Frantz Vaillant
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Publié dans : toporetmoi
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