L'allée dite artistique

Publié le par Frantz Vaillant

"Pour moi, les vrais artistes sont ceux qui n'essayent pas de marcher dans les sentiers définis, protégés, balisés par les autres (...) Jamais, ils ne vont sur les chemins où on les attend. Pourquoi, mais pourquoi ne marchent-ils pas dans l'allée dite artistique ? Pourquoi passent-ils sans cesse par la pelouse ?
Il y passent parce qu'ils disent : "Ah !, il y a là des choses formidables parmi les papiers gras !"
Dans un premier temps, tout le monde rouspète et s'écrie : "Ah, mais ce n'est pas possible..."
L'artiste pourtant continue de faire front, ne se laisse pas entamer, il est convaincu de ses idées. Et chaque fois qu'il se voit interpellé, il n'hésite pas à répondre : "L'art c'est le papier gras !"
Ce qui se passe au bout du compte, c'est qu'il se trouve toujours deux ou trois personnes pour le suivre et constater combien la vision des choses depuis les plates bandes est formidable. Les premiers adeptes enthousiastes ne manquent pas de le signaler (...) La critique, l'idéologie, les marchands, la mode... décident alors que l'art ne se résume pas aux limites établies jusque là, c'est à dire aux allées, certaines portions de pelouse se trouvent désormais intégrées, à condition qu'elles soient jonchées de papiers gras réglementaires (...) Les artistes finissent par l'emporter, par gagner. Ils gagnent parce qu'ils sont capables de créer des mensonges de plus en plus splendides mais ces mensonges sont rattachés à la réalité. Les merveilleux mensonges de l'art sont de splendides moyens de lire la réalité et à ce titre, ce ne sont pas exclusivement des mensonges, ou des affirmations fausses. Ils tapent dans le mille, au pif."


Extrait de Courts Termes/ En aparté avec Eddy Devolder/Editions Dumerchez (1994)

Publié dans toporetmoi

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Jean-Paul Gavard Perret 08/10/2006 09:20

On explique trop mal qu'en poésie comme en art le fond n'existe pas. Il ne prend sa "lisibilité" ou sa " visibilité " qu'avec la forme qui le transcende et le circonscrit car de lui-même il est inexprimable. Et le discours critique n'en est jamais qu'un sous-produit, jamais un avant-poste. La forme est le fond par sa charge d'émotionnel et d'ineffable d'autant plus puissante qu'elle est musique, rythme, tempo, "mathématiques" pures. Bref ! Qu'elle est de l'ordre de la poésie au sens premier du terme. Ainsi, pour Topor " les vrais artistes sont ceux qui n'essayent pas de marcher dans les sentiers définis et balisés par les autres "..../...
Pour lire le texte critique sur "Courts termes" suivre le lien  http://www.artpointfrance.info/article-4091965.html

remyrico 20/09/2005 10:41

J'ai un dessin érotique de Topor que j'aimerais vendre. Si intéressé, contacter à ce N° 0681972430